Le TDAH, Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, touche environ 5.9 % des enfants et jusqu’à 2.5% des adultes en France (Source : tdah-france.fr). Une réalité qui transforme souvent le quotidien en un véritable tourbillon émotionnel pour les enfants mais aussi pour les parents.
En effet, au-delà des défis liés au TDAH comme les troubles attentionnels, l’hyperactivité motrice, l’impulsivité comportementale et émotionnelle ainsi que tout ce qui en découle : difficultés d’apprentissage, difficultés organisationnelles, opposition parentale ou encore manque de motivation, s’ajoute la charge mentale invisible. Elle concerne aussi bien les enfants que les parents.
Le sentiment de survie permanent et la fatigue physique, émotionnelle et mentale qui en découle pèsent lourdement sur le bien-être de chacun des membres des familles avec TDAH. Et pour tenter de maintenir l’équilibre au sein du foyer, nous les adultes, finissons souvent par s’oublier.
Découvrons ensemble comment des outils concrets tels que le yoga, la respiration et la métacognition, terme que j’expliquerai plus bas, peuvent vous aider à diminuer l’impact de la charge mentale, apaiser votre système nerveux et retrouver une présence sereine auprès de vos proches.
La charge mentale au cœur des familles avec TDAH
Le TDAH est souvent source de fatigue intense pour les parents aidants. Cette neurodiversité bouscule l’organisation familiale et nécessite souvent un accompagnement global pour réguler le stress au quotidien.
Vivre avec cette réalité demande une adaptation constante, transformant chaque geste du quotidien en un défi pour notre système nerveux.
Il est fréquent que plusieurs membres d’une même famille présentent un TDAH. On sait aujourd’hui que ce trouble possède une forte héritabilité, ce qui signifie que les facteurs génétiques jouent un rôle important dans sa transmission, sans toutefois l’expliquer à eux seuls.
Il n’est pas rare que des enfants reçoivent un diagnostic officiel de TDAH et que leurs parents se reconnaissent dans ce trouble. Cette situation peut contribuer à augmenter la charge mentale parentale, notamment lorsque les parents deviennent aidants tout en étant eux-mêmes parfois en difficulté.
En effet, les signes du TDAH peuvent s’intensifier et devenir particulièrement envahissants à certaines périodes de la vie : lorsque les exigences scolaires augmentent et que l’enfant ne parvient plus à suivre, au moment des études, lors de l’entrée dans le monde du travail ou encore en devenant parent.
Dans ces étapes clés, les responsabilités, les exigences et la charge mentale augmentent fortement, parfois jusqu’à dépasser les capacités d’adaptation de la personne. Cela peut aussi être le cas en l’absence de diagnostic, sans que la personne comprenne réellement ce qu’elle traverse.
Ci-dessous, j’ai répertorié dans deux tableaux des signes susceptibles d’augmenter la charge mentale chez les enfants et les adultes avec TDAH, selon différentes sphères de vie. Il s’agit d’une liste non exhaustive, certains signes pouvant se retrouver dans plusieurs sphères.
Un des signes majeurs du TDAH, ayant un impact important sur la charge mentale, reste un mental qui semble ne jamais s’arrêter, avec des pensées envahissantes et souvent anxiogènes.
| Scolarité | Foyer | |
|---|---|---|
| Enfants |
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| Monde du travail | Foyer | |
|---|---|---|
| Adultes |
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Le tourbillon des émotions et l’épuisement des aidants
Le quotidien devient une succession d’imprévus. Entre les crises et l’hypervigilance, notre espace mental sature. On finit par vivre en mode survie, épuisée. Je fais partie des personnes qui se reconnaissent dans le TDAH à travers le diagnostic de leur enfant, et j’ai longtemps vécu cette situation, avant que le yoga entre à son tour dans ma vie.
Cette fatigue nerveuse est invisible mais réelle sur nos épaules de mamans et ne doit pas être négligée.
La Haute Autorité de Santé souligne d’ailleurs l’importance de repérer la souffrance des familles.
Ce qui complique cette situation, c’est la difficulté à faire face à nos émotions. Bien souvent, nous les réprimons ou, au contraire, nous nous laissons envahir, jusqu’à nous emporter. Le yoga aide justement à reconnaître les sensations liées à une émotion qui monte, puis à l’observer avec davantage de recul.
Avec la pratique, il devient possible de se laisser traverser par l’émotion, de la vivre sans se sentir submergée ni réagir de manière excessive. Et lorsqu’on devient parent, comment transmettre à nos enfants l’accueil de leurs émotions si l’on ne sait pas encore le faire soi-même ?
Sortir de la culpabilité face aux défis éducatifs
Si vous vous êtes reconnue dans la question précédente, surtout, ne culpabilisez pas. La culpabilité ne fait pas avancer les choses ; elle ajoute simplement une charge supplémentaire à ce que vous traversez déjà.
Et puis, il faut bien commencer quelque part. Ce premier pas consiste à prendre conscience de ses éventuelles difficultés à faire face à ses émotions.
À travers mon choix de mettre le yoga au service de la santé, de l’autisme et du TDAH, je souhaite permettre à chacun de disposer d’outils pour accueillir un mental et des émotions parfois envahissants, mais aussi pour accéder à ses propres ressources de bien-être intérieur.
Et si, au lieu d’être un parent uniquement aidant, nous devenions un parent ressource ? À la fois pour nous-mêmes et pour nos enfants.
Porter seule les rendez-vous, les dossiers MDPH mais aussi faire l’intermédiaire entre les professionnels et les enseignants sature l’esprit. C’est une charge mentale supplémentaire invisible qui nous grignote chaque jour.
Concernant l’éducation au quotidien, les méthodes classiques échouent souvent ici. Ce qu’il est possible d’attendre d’une personne neurotypique ne l’est pas toujours pour une personne avec TSA ou TDAH. La neurodiversité demande d’autres outils et d’autres approches éducatives pour enfin respirer.
Comme je l’évoque dans l’article « Mieux vivre l’autisme et la vie de famille au quotidien », la formation des aidants et la guidance parentale sont des bases essentielles pour mieux comprendre les profils neuroatypiques de l’autisme et du TDAH.
Nous faisons de notre mieux. Accepter ses limites est un acte de bienveillance et le premier pas vers la clarté.
La culpabilité est un bagage trop lourd qui empêche d’avancer sereinement vers l’équilibre familial et la présence à soi. Remplaçons-la plutôt par la bienveillance.
Le yoga une ressource pour réguler la sensorialité et le stress
Face à l’épuisement et à un système nerveux en constante alerte, d’autres outils concrets existent pour favoriser l’apaisement.
La respiration et le mouvement pour apaiser le système nerveux
Les postures douces offrent un véritable soulagement. Le mouvement lent et conscient libère les tensions accumulées durant vos journées chargées. C’est une invitation à revenir dans votre corps. Cela permet enfin de calmer l’esprit.
Le souffle agit directement sur votre cœur. Une respiration consciente signale au cerveau que tout va bien. Le rythme cardiaque s’apaise alors naturellement. Vous retrouvez ainsi une forme de stabilité intérieure.
Pendant longtemps, je me suis offert une pause ressourçante en rentrant de ma journée de travail. Je choisissais alors une posture de yoga, celle dont je sentais avoir le plus besoin à cet instant, et je la pratiquais quelques minutes avant de commencer ma « deuxième » journée à la maison.
Dans notre livre Yoga, Autisme et TDAH, nous partageons une approche du yoga adaptée à la sensorialité de chacun. Si elle répond particulièrement aux besoins sensoriels des personnes avec autisme et/ou TDAH, elle peut aussi bénéficier à toute personne souhaitant retrouver davantage de sérénité au quotidien.
Ce yoga allie douceur, simplicité et efficacité. Conçu pour s’intégrer facilement dans la vie de famille, il offre des outils concrets pour mieux gérer les défis du quotidien et cultiver un équilibre durable.
Plus qu’un livre de yoga, c’est un guide pratique pour accompagner votre quotidien.
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Des outils concrets pour favoriser l’autorégulation de l’enfant
On peut proposer des exercices de pleine conscience simples. Utiliser la météo intérieure aide beaucoup l’enfant. Il identifie ses tempêtes émotionnelles sans les subir. Il apprend à observer ce qui se passe.
Je crois beaucoup en la co-régulation. Votre calme devient l’ancre de votre enfant. C’est un échange invisible mais puissant sur le tapis mais aussi dans la vie . Vous avancez ensemble vers plus de sérénité.
Le tapis devient alors un espace de sécurité. Ici, aucune attente de performance n’existe. C’est un refuge émotionnel précieux. L’enfant explore ses sensations sans aucune crainte.
Petits rituels d’apaisement
- Respiration abdominale lente pour signaler le calme au corps.
- Posture de l’enfant pour favoriser le repli et la sécurité.
- Étirements doux des bras pour libérer l’espace thoracique.
Cours de yoga pour les enfants à besoins particuliers à Évreux
Chaque enfant à besoins particuliers a son propre rythme, sa sensibilité, ses besoins et sa façon bien à lui d’entrer en relation avec le monde. À travers des séances de yoga sur mesure, je vous accompagne, vous et votre enfant, dans un cadre doux, rassurant et pleinement respectueux de son fonctionnement.
Comment le yoga aide à libérer la charge mentale ?
Le yoga a de nombreux bienfaits, tant sur le corps que sur nos émotions, nos pensées et notre système nerveux. Dès les premières séances, il est possible de ressentir un bien-être physique et intérieur. Il nous enseigne à observer en conscience, à prendre du recul et à revenir à l’instant présent.
Dans les Yoga-Sutras de Patanjali, texte de référence de la philosophie du yoga, le sutra I.2 définit le yoga comme « l’arrêt de l’activité automatique du mental ». Le yoga ne fait pas disparaître notre longue to-do list, mais il nous permet de prendre du recul et de dissiper le brouillard mental pour laisser place à davantage de clarté.
Ainsi, nous quittons notre tapis plus posés, moins dispersés et avec une meilleure capacité de concentration.
Grâce à l’observation consciente de soi, le yoga favorise la métacognition, c’est-à-dire la capacité à observer ses pensées, ses émotions et son état d’attention. Cette meilleure connaissance de soi nous aide, ainsi que nos enfants, à repérer ce qui se passe en nous et à mobiliser des stratégies plus adaptées pour nous autoréguler.
La HAS souligne d’ailleurs l’importance de l’accompagnement global pour apaiser la souffrance des familles. Je suis convaincue que le yoga y a toute sa place pour ceux qui souhaitent s’engager dans cette pratique.
Les postures qui réduisent le poids de la charge mentale
Comme je le mentionnais plus haut, la pratique du yoga vise à apaiser le mental. Toutes les postures et respirations ont donc pour effet de ramener votre attention ici et maintenant dans votre corps et sur votre souffle, ce qui détourne votre attention de vos pensées. Ainsi une respiration après l’autre vous réduisez le poids de la charge mentale.
Toutefois certaines postures sont particulièrement efficaces pour réduire plus rapidement la charge mentale. En voici quelques-unes :
- Les postures où la colonne vertébrale est en torsion, elles peuvent se pratiquer :
- assise sur le tapis avec une jambe pliée ou les jambes croisées
- sur une chaise les pieds bien à plat au sol
- allongée sur le dos
Inspirez : grandissez-vous, puis expirez : tournez le buste bien droit vers la droite. Fermez les yeux et maintenez la posture sur quelques respirations. Puis faites la même chose à gauche.
Cette posture est déconseillée en cas d’hernie discale ou de blessure sacro-iliaque.

- Les postures où le front est en contact avec le sol, comme la posture de l’enfant
Asseyez-vous à genoux, déposez vos mains à plat au sol et avancez-les jusqu’à ce que le ventre se dépose sur les cuisses, si possible sans décoller les fessiers des talons. Si le front ne touche pas le sol, rapprochez vos mains de votre visage et déposez le front dessus.
Cette posture n’est pas recommandée en cas de blessure au genou, de glaucome ou de décollement de rétine.

- Les postures de méditation telles que le tailleur pour se recentrer
Installez-vous dans une posture assise confortable. Vous pouvez vous asseoir en tailleur au sol ou simplement sur une chaise, le dos droit. Relâchez les tensions dans le visage, les mâchoires et les épaules. Fermez doucement les yeux ou laissez votre regard se poser vers le sol.
Déposez un léger sourire sur vos lèvres et portez votre attention sur votre respiration, une inspiration puis une expiration à la fois.
Si vous débutez en yoga ou en méditation, il est tout à fait normal de ne pas ressentir immédiatement un apaisement du mental. Avec une pratique régulière, le cerveau apprend progressivement à retrouver plus facilement des états de calme et de sérénité. Au fil du temps, les chemins neuronaux associés à l’apaisement se renforcent, rendant cet état plus accessible.
Vous pouvez aussi vous créer un cocon apaisant avec une musique douce ou une méditation guidée dans un casque audio.

- La posture des jambes au mur que j’ai le plaisir de vous guider dans cette vidéo :
Créer un moment de reconnexion avec son enfant
Je vous suggère une pratique ludique à deux. On peut faire rouler les balles sur le dos de l’autre. Cela transforme le soin en un jeu de découverte sensorielle partagé. C’est très apprécié dans notre foyer.
Ce toucher encourage le retour au calme. La proprioception aide l’enfant TDAH à mieux sentir les limites de son corps. Cela apaise l’agitation motrice de manière concrète.
Certains enfants préféreront un contact doux, presque un effleurement, tandis que d’autres apprécieront une pression plus profonde. Chaque enfant ayant des besoins sensoriels différents, il est utile d’expérimenter et d’observer ce qui lui procure le plus de calme et de bien-être.
D’autres exemples de pratiques à partager avec votre enfant sont présentés dans notre livre « Yoga, autisme et TDAH ».
Passer de la survie à la présence au cœur du foyer
Ces outils physiques ouvrent la porte à une transformation plus profonde de notre posture intérieure au quotidien. Au-delà des techniques, c’est tout notre regard sur la dynamique familiale qui s’adoucit.
Apprendre à choisir ses batailles pour préserver son énergie
Pour alléger votre quotidien, osez simplifier vos journées. Dire non aux activités superflues libère un espace essentiel. Prioriser le repos familial est un choix précieux pour préserver l’équilibre de chacun.
Je vous invite à une écoute fine de vos besoins. Qu’est-ce qui est vraiment important aujourd’hui ? Écouter votre corps permet d’ajuster vos attentes aux réalités du moment.
Transformons ensemble le chaos en clarté.
Les changements de rythme, les transitions et les imprévus peuvent bousculer le quotidien des personnes présentant un TDAH. Pour maintenir un équilibre, beaucoup ressentent le besoin d’organiser et de tout anticiper, au prix d’une grande dépense d’énergie.
Le yoga nous invite à accueillir ce qui se présente avec plus de souplesse.
Un imprévu n’est pas une catastrophe, mais simplement une nouvelle information. Le yoga nous apprend à naviguer dans l’instant présent sans chercher la perfection absolue.
Astuce énergie
Dire non au superflu et s’accorder 5 minutes de silence ou un auto-massage rapide change radicalement votre perception du stress.
S’autoriser des moments de pause sans aucune culpabilité
La bienveillance envers soi est le socle de l’équilibre. S’offrir un court silence n’est pas de l’égoïsme. C’est une nécessité pour rester une présence rassurante pour vos proches.
Ces micro-moments agissent sur votre système nerveux. Trois respirations ou un automassage rapide réalignent vos sensations. Ces parenthèses changent la couleur de votre journée et créent un environnement propice à votre sérénité.
La voie du yoga est une voie de connaissance de soi. Elle nous invite à découvrir nos ressources intérieures et à développer une présence plus consciente. Nous devenons alors plus à même d’accompagner sereinement nos enfants afin qu’ils découvrent, à leur tour, leurs propres ressources.
Aide aux familles
L’association HyperSupers TDAH France propose une formation pour mieux comprendre le TDAH de l’enfant et de l’adulte ainsi que les différentes possibilités de prise en charge. Des bénévoles présents dans plusieurs régions peuvent également accompagner les aidants et les soutenir face à l’épuisement.
Vivre avec le TDAH en famille demande de mettre en place des stratégies adaptées pour mieux gérer le quotidien : instaurer des routines, utiliser des rappels visuels, apprendre à prioriser les tâches ou encore aménager son environnement afin de réduire le stress et la charge mentale. Des outils de bien-être concrets, comme le yoga, peuvent également aider à retrouver davantage de calme et d’équilibre.
S’autoriser des pauses, c’est offrir à sa famille un précieux cadeau : une présence plus sereine, plus disponible et plus apaisée. En intégrant ces moments de ressourcement dans votre quotidien, vous pourrez progressivement retrouver un apaisement durable, bénéfique pour vous comme pour vos enfants.
J’espère que ces informations, ressources et pistes de réflexion vous auront aidé à mieux comprendre la charge mentale liée au TDAH et vous inspireront à créer davantage de moments de pause dans votre quotidien. N’oubliez pas : quelques minutes pour souffler et vous recentrer peuvent parfois transformer toute une journée.