Vivre les changements de rythme avec l'autisme et le TDAH

Vivre les changements de rythme avec l’autisme et le TDAH

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Les changements de rythme représentent un défi majeur pour les familles concernées par la neurodiversité. Que ce soit la rentrée scolaire, les fêtes, les départs en vacances ou même le simple passage à l’heure d’été, le changement de repères et les imprévus peuvent devenir des sources de stress et de surcharge, épuisant les réserves d’énergie et fragilisant l’équilibre émotionnel et sensoriel. On finit parfois par redouter chaque transition, craignant que la moindre modification du planning ne se traduise par davantage de fatigue, d’agitation, d’irritabilité ou de difficultés à retrouver ses repères.

Dans cet article, nous verrons comment mieux vivre les changements de rythme lorsque l’on est concerné par l’autisme ou le TDAH grâce à des outils comme le Yoga pour enfant à besoins particuliers, afin de transformer ces phases parfois stressantes en moments plus prévisibles et apaisés.

Mieux vivre les changements de rythme avec l’autisme et le TDAH

Changer de rythme ne consiste pas seulement à décaler l’heure du lever ou du coucher, à passer d’une activité à une autre ou encore à modifier un emploi du temps. Cela demande aussi de quitter des repères familiers, de s’adapter à une nouvelle situation et de mobiliser différentes ressources pour passer d’une étape à une autre. Pour certaines personnes avec autisme (TSA) ou TDAH, cette transition peut être particulièrement difficile à vivre et coûteuse en énergie.

Les raisons sont multiples et elles peuvent se combiner entre elles, être présentes aussi bien dans un profil TSA (trouble du spectre de l’autisme) que TDAH et varier considérablement d’une personne à l’autre. On retrouve par exemple le besoin de prévisibilité, les difficultés à changer d’activité ou à mobiliser son attention, les particularités sensorielles, la gestion des émotions ou encore la fatigue liée aux efforts d’adaptation.

La fragilité des repères face à l’imprévu

Pour de nombreuses personnes avec autisme, les repères du quotidien jouent un rôle important dans la compréhension de l’environnement et dans la gestion de l’énergie. Savoir ce qui va se passer, dans quel ordre et à quel moment permet de réduire la part d’incertitude à laquelle il faut faire face. Lorsque ces repères changent soudainement, l’effort d’adaptation peut devenir beaucoup plus important.

Ces repères peuvent être de différentes natures : repères temporels, routines, ordre des activités, anticipation d’une transition, environnement familier ou encore adaptations sensorielles. Ce n’est donc pas uniquement le changement lui-même qui peut être déstabilisant, mais l’ensemble des informations qu’il faut soudainement comprendre, traiter et réorganiser.

Un changement d’horaire peut sembler anodin pour un adulte : partir plus tôt, modifier l’ordre des activités, prendre un autre chemin ou attendre plus longtemps. Pour un enfant avec TSA, cette modification peut demander de comprendre à nouveau ce qui est attendu, de réorganiser mentalement la suite de la journée et parfois de s’adapter à un environnement ou à des sensations différentes. Lorsque plusieurs changements se cumulent, la charge cognitive, sensorielle et émotionnelle peut devenir particulièrement importante.

Des repères qui ne sont pas synonymes de rigidité

Il est important de faire une distinction entre avoir besoin de repères et être rigide.

Une routine n’est pas nécessairement une contrainte dont il faudrait apprendre à se détacher. Elle peut au contraire constituer une véritable ressource : elle permet de savoir à quoi s’attendre, de limiter les décisions à prendre et d’économiser une énergie qui pourra être mobilisée ailleurs.

La Haute Autorité de Santé recommande d’ailleurs de prendre en compte l’organisation de l’environnement et les besoins de repérage et de structuration, en les adaptant notamment au rythme et aux particularités de chaque personne. Recommandations de la Haute Autorité de Santé sur l’autisme

Cela ne signifie pas qu’il faudrait créer un quotidien entièrement figé. L’enjeu est plutôt de trouver un équilibre entre prévisibilité et souplesse, en fonction des besoins de la personne. Certains enfants auront besoin de repères très explicites pour traverser une transition, tandis que d’autres pourront tolérer davantage de variations.

Quand les changements s’accompagnent d’une surcharge sensorielle

Les changements de rythme peuvent également modifier les conditions sensorielles du quotidien. Un lieu inhabituel, davantage de bruit, une lumière différente, une foule, de nouvelles odeurs ou encore une fatigue déjà présente peuvent rendre l’adaptation plus difficile.

Le changement de rythme et la sensorialité ne sont donc pas toujours deux problématiques séparées. Ils peuvent se renforcer mutuellement. Une journée qui sort des habitudes peut demander davantage d’anticipation tout en exposant la personne à des stimulations qu’elle rencontre moins habituellement.

L’Institut Pasteur rappelle notamment que les personnes avec autisme peuvent présenter des particularités dans leur manière de traiter les informations sensorielles ainsi qu’une difficulté face aux changements ou aux situations imprévisibles. Ces caractéristiques varient toutefois beaucoup d’une personne à l’autre.

C’est pourquoi une transition qui paraît simple de l’extérieur peut représenter un véritable effort d’adaptation. Lorsque la fatigue, les stimulations sensorielles ou une succession de changements sollicitent déjà les capacités d’adaptation, les réactions peuvent devenir plus intenses : opposition, agitation, retrait, pleurs, irritabilité ou besoin de s’isoler.

Ce qui ressemble parfois à un « refus du changement » peut alors être compris autrement : il y a peut-être trop d’informations à traiter, trop d’incertitude ou plus suffisamment d’énergie pour s’adapter.

Cette lecture change le regard que l’on peut porter sur les transitions. Il ne s’agit plus simplement d’apprendre à l’enfant à « faire avec » les changements, mais de chercher comment rendre le changement plus prévisible, plus compréhensible et moins coûteux pour lui.

Quand changer d’activité demande un effort

Changer d’activité ne consiste pas simplement à arrêter ce que l’on est en train de faire pour passer à autre chose. Cette transition mobilise plusieurs fonctions exécutives : interrompre une activité en cours, comprendre ce qui vient ensuite, se mettre en action et engager son attention sur la nouvelle tâche.

Pour une personne avec TDAH, ce passage d’une activité à une autre peut être particulièrement coûteux. Une activité intéressante ou stimulante peut être difficile à interrompre, tandis qu’une nouvelle tâche, moins motivante ou plus complexe, peut demander un effort important pour être commencée. Le moment du démarrage peut alors devenir un véritable obstacle : on sait ce qu’il faudrait faire, mais il est difficile de passer de l’intention à l’action.

Ces difficultés peuvent également être présentes chez les personnes avec autisme, notamment lorsque le changement vient interrompre une activité investie, lorsqu’il est inattendu ou lorsqu’il faut rapidement réorganiser ce qui était prévu. La transition demande alors de quitter un cadre connu pour mobiliser son attention et ses ressources sur une nouvelle situation.

Dans ces moments-là, savoir qu’il est temps de changer d’activité ne suffit pas toujours. L’enfant peut comprendre ce qui est attendu, tout en ayant besoin de davantage de temps ou d’aide pour interrompre son activité et se mettre en action.

La fatigue joue également un rôle important. Plus les ressources attentionnelles et exécutives sont sollicitées au cours de la journée, plus les transitions peuvent devenir difficiles. Une succession de petits changements peut ainsi finir par provoquer une réaction qui semble disproportionnée par rapport au dernier événement. Ce n’est pas nécessairement ce dernier changement qui explique la réaction : il peut simplement arriver après une journée déjà très énergivore, remplie de sollicitations et d’efforts d’adaptation.

Comprendre le coût des transitions permet alors de déplacer le regard. Il ne s’agit pas seulement de demander à l’enfant de passer à l’activité suivante, mais de réfléchir à ce qui peut rendre ce passage plus accessible : annoncer la transition, donner un repère clair, prévoir un temps de pause ou encore faciliter le démarrage de la nouvelle activité.

activité enfant autiste TDAH

Le corps comme repère dans les changements de rythme

Lorsque les repères extérieurs changent, il peut être utile de pouvoir s’appuyer sur des repères qui, eux, restent familiers. Le corps peut offrir cette continuité, en nous ramenant à ce qui se passe ici et maintenant.

Le temps est une notion abstraite. Pour un enfant, savoir qu’il reste « dix minutes » avant de partir ou qu’une activité va bientôt se terminer ne constitue pas nécessairement un repère aussi concret que ce qui peut être vécu à travers le corps. Se lever, bouger, prendre un temps de pause, respirer, s’étirer, retrouver certains gestes familiers… Ces actions simples peuvent devenir des repères corporels au fil de la journée.

Une routine corporelle peut ainsi accompagner les différents moments de la journée : quelques mouvements au réveil, un temps de mouvement après l’école, une pause pour respirer ou s’étirer avant une nouvelle activité, une séquence calme avant le coucher. La répétition de ces gestes peut donner une forme de continuité lorsque les horaires, les activités ou les lieux sont différents.

maman et enfant TDAH

Le corps peut également donner des signaux lorsque les sollicitations deviennent trop importantes ou que l’attention est difficile à maintenir : tension musculaire, agitation, accélération de la respiration, besoin de bouger, fatigue ou, au contraire, envie de se mettre en retrait. Ces manifestations varient d’une personne à l’autre, mais apprendre progressivement à les reconnaître peut aider à identifier un besoin de pause, de mouvement ou de changement de rythme.

Le corps devient alors un point d’appui pour revenir au moment présent. Sentir ses pieds au sol, prendre conscience de sa respiration, bouger ou s’étirer permet parfois de retrouver des sensations familières au milieu d’une journée très sollicitante. Ces repères corporels peuvent aider à ajuster le rythme et à répondre aux besoins du moment.

C’est notamment ce qui rend le yoga intéressant dans cette approche. Le yoga ne va pas empêcher le changement de rythme ni supprimer l’imprévu. En revanche, une pratique adaptée peut devenir un repère stable au milieu des changements, parce qu’elle mobilise le corps, le mouvement, la respiration, la répétition et une séquence connue.

L’objectif n’est alors pas de demander à l’enfant de « se calmer » grâce au yoga, mais de lui proposer un espace où il peut retrouver des sensations familières, mobiliser son corps et s’appuyer sur une structure répétée. Au fil du temps, cette pratique peut devenir un rendez-vous corporel identifiable, qui accompagne les transitions plutôt qu’elle ne cherche à les faire disparaître.

3 déclencheurs fréquents de stress dans la routine familiale

Certains changements de rythme reviennent régulièrement dans la vie familiale. Ils sont parfois prévisibles, mais peuvent néanmoins demander beaucoup d’adaptation. Rentrée scolaire, fêtes de famille, vacances ou changement d’heure : ces périodes modifient souvent plusieurs repères à la fois et peuvent augmenter la fatigue, les sollicitations sensorielles et la charge émotionnelle.

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Chaque enfant à besoins particuliers a son propre rythme, sa sensibilité, ses besoins et sa façon bien à lui d’entrer en relation avec le monde. À travers des séances de yoga sur mesure, je vous accompagne, vous et votre enfant, dans un cadre doux, rassurant et pleinement respectueux de son fonctionnement.

Les identifier permet de mieux comprendre ce qui se joue et surtout de préparer ces périodes sans chercher à tout anticiper ni à tout contrôler.

#1 : Les changements de rythme scolaire

La rentrée scolaire ne consiste pas simplement à reprendre le chemin de l’école. Elle marque un changement de rythme qui peut modifier de nombreux repères en quelques jours : heure du lever, temps de préparation le matin, trajets, horaires des repas, temps passé à l’école, activités après la classe, devoirs et heure du coucher.

Vivre les changements de rythme avec l'autisme et le TDAH

Après une période de vacances où le rythme a parfois été plus souple, retrouver des horaires précis, enchaîner plusieurs activités et répondre à de nouvelles demandes peut demander un effort important d’adaptation. La reprise peut également s’accompagner d’un changement d’environnement, de nouvelles personnes, de nouvelles consignes ou d’un niveau de stimulation plus important.

Pour certaines personnes avec autisme ou avec TDAH, cette succession de changements peut être particulièrement exigeante. Une nouvelle classe, un nouvel enseignant, une organisation différente de la journée ou simplement le retour à un rythme plus structuré peuvent nécessiter de retrouver progressivement de nouveaux repères.

La fatigue peut alors s’accumuler avant même que les difficultés ne deviennent visibles. Un enfant qui semblait bien vivre sa rentrée peut, quelques jours plus tard, avoir davantage besoin de pauses, être plus irritable ou rencontrer des difficultés au moment des transitions.

Une journée scolaire peut mobiliser l’attention, les capacités d’organisation, les interactions sociales et, pour certains enfants, les ressources nécessaires pour gérer les stimulations sensorielles. Lorsque plusieurs de ces demandes se succèdent, il peut rester moins de ressources disponibles en fin de journée.

La fin de journée devient alors parfois le moment où la fatigue se manifeste le plus fortement, alors que l’enfant doit encore gérer le retour à la maison, le repas, les devoirs, le coucher et parfois d’autres transitions.

Une journée qui semble s’être bien déroulée n’est donc pas forcément une journée qui n’a demandé aucun effort. L’enfant peut avoir mobilisé beaucoup de ressources pour s’adapter aux différentes demandes de la journée et ne montrer sa fatigue ou sa surcharge que plus tard, une fois rentré dans un environnement plus familier, où il s’autorise à relâcher la pression.

C’est pourquoi les premiers jours ou les premières semaines de reprise peuvent demander davantage de souplesse.

  • Préserver des temps de récupération,
  • alléger lorsque cela est possible les sollicitations supplémentaires et
  • conserver certains repères familiers

peut aider l’enfant à retrouver progressivement son rythme.

La rentrée n’a donc pas nécessairement besoin d’être vécue comme une rupture brutale entre « vacances » et « école ». Elle peut être pensée comme une période de transition, durant laquelle l’enfant retrouve progressivement ses repères, son rythme et ses ressources.

#2 : Les périodes de fêtes et les grands événements

Les fêtes, anniversaires, repas de famille ou grands événements peuvent être des moments joyeux, mais ils bouleversent souvent les repères habituels. Les horaires changent, les repas sont plus longs, les personnes présentes sont plus nombreuses et l’environnement peut être inhabituel.

enfants autistes

Pour certaines personnes avec autisme ou avec TDAH, cette accumulation de modifications peut demander beaucoup d’adaptation. Le bruit, les conversations, les déplacements, les odeurs, les lumières ou la proximité physique peuvent augmenter les sollicitations sensorielles, mais ils ne sont qu’une partie de ce qui peut rendre ces moments difficiles.

La dimension sociale peut elle aussi demander beaucoup d’énergie. Il faut parfois saluer des personnes que l’on connaît peu, répondre à des questions, participer aux conversations ou s’adapter à des attentes implicites. Une personne peut avoir envie de participer à un événement et ressentir en même temps de l’appréhension face aux interactions qu’il implique.

Les émotions peuvent également être plus intenses. L’excitation liée à l’événement, l’impatience, la joie de retrouver certaines personnes, mais aussi l’anxiété ou la difficulté à savoir ce qui va se passer peuvent se mélanger. Le plaisir et la fatigue peuvent parfaitement coexister.

Un enfant peut ainsi être heureux de retrouver sa famille et avoir malgré tout besoin de s’isoler après quelque temps. Les adultes peuvent parfois interpréter une agitation, une irritabilité ou un retrait comme un manque d’envie de participer. Pourtant, ces réactions peuvent aussi signaler que les ressources disponibles commencent à diminuer.

Chez certains enfants, la surcharge ne se manifeste d’ailleurs qu’une fois de retour à la maison, lorsque l’environnement redevient plus familier et que la tension accumulée peut enfin retomber.

Le sommeil peut lui aussi être perturbé lorsque les horaires sont décalés ou que les journées sont particulièrement riches en stimulations. Une nuit moins réparatrice réduit à son tour les capacités d’adaptation du lendemain, ce qui peut rendre les changements suivants encore plus difficiles.

Dans ces périodes, l’enjeu n’est donc pas nécessairement de participer à tout, mais de trouver un équilibre entre le plaisir de l’événement et les besoins de récupération. Prévoir un endroit calme, conserver certains rituels familiers ou permettre des temps de pause peut aider à rendre ces journées plus accessibles.

#3 : Le changement d’heure et les décalages de sommeil

Le passage à l’heure d’été ou d’hiver ne représente qu’une heure de différence sur l’horloge, mais il peut modifier temporairement les horaires de sommeil et de réveil. Pour un enfant qui a déjà besoin de repères réguliers ou dont le sommeil est fragile, ce petit décalage peut demander un temps d’adaptation.

Le sommeil joue un rôle essentiel dans les capacités d’attention, la régulation émotionnelle et la disponibilité au cours de la journée. Lorsque le sommeil est perturbé, les changements habituels peuvent eux-mêmes devenir plus difficiles à gérer : une transition habituellement bien tolérée peut demander davantage d’efforts, les émotions peuvent être plus intenses et les besoins de récupération plus importants.

C’est là que peut apparaître un véritable cercle : le changement de rythme perturbe le sommeil, la fatigue réduit les ressources disponibles, et cette fatigue rend à son tour les autres changements plus difficiles à vivre.

Les effets d’une nuit moins réparatrice peuvent d’ailleurs se faire sentir bien au-delà du réveil. Un matin plus difficile peut entraîner une disponibilité moindre pour l’école, davantage de difficultés attentionnelles, une plus grande irritabilité ou un besoin de récupération accru en fin de journée.

Lorsque cela est possible, décaler progressivement les horaires de sommeil peut faciliter l’adaptation au nouveau rythme. La Sleep Foundation recommande, pour les enfants, de modifier l’heure du coucher par étapes de 15 minutes lorsque le rythme de sommeil doit évoluer. À l’approche d’une rentrée ou d’un changement d’horaire, cette adaptation peut être commencée quelques jours à l’avance. Conserver des horaires de coucher et de lever aussi réguliers que possible peut également aider l’enfant à retrouver progressivement ses repères.

Cette progression laisse au corps plusieurs jours pour s’adapter au nouvel horaire plutôt que de modifier brutalement le rythme de sommeil.

Mais l’anticipation ne concerne pas uniquement l’heure du coucher. Préparer quelques jours à l’avance les différents repères de la journée : repas, lever, départ, activités et coucher, peut également aider à rendre le changement plus prévisible.

L’objectif n’est pas de réussir une transition parfaite. Il s’agit plutôt de donner au corps et à la famille le temps de retrouver progressivement un nouveau rythme.

Comment anticiper les transitions sans s’épuiser ?

Anticiper un changement ne signifie pas prévoir chaque réaction ni chercher à tout maîtriser. L’objectif est plutôt de rendre la situation plus prévisible et de donner à l’enfant quelques repères sur lesquels s’appuyer.

Les outils visuels, les rituels et une préparation progressive peuvent faciliter les transitions, à condition de rester suffisamment souple pour s’adapter à ce qui se passe réellement le jour venu.

La communication par les supports visuels

Lorsqu’un changement est difficile à anticiper, mettre les informations en images peut rendre ce qui va se passer plus concret. Un planning, une photo, un pictogramme ou une succession d’images permet de donner une forme visible à une journée qui, autrement, peut sembler difficile à prévoir.

un enfant autiste et TDAH

Les supports visuels peuvent notamment être utilisés pour :

  • présenter les différentes étapes d’une journée ;
  • montrer qu’une activité habituelle sera remplacée par une autre ;
  • préparer la découverte d’un nouveau lieu avec des photos ;
  • visualiser une succession d’actions pour faciliter l’autonomie ;
  • matérialiser le temps restant avant une activité ou une transition avec l’utilisation d’un Time Timer par exemple.

L’intérêt n’est pas nécessairement de construire un outil complexe. Un support simple, compris par l’enfant et utilisé régulièrement peut être plus utile qu’un planning très détaillé qui devient difficile à maintenir. L’important est surtout qu’il corresponde à vos besoins, qu’il vous ressemble et qu’il respecte le rythme de votre famille.

Pour une rentrée, par exemple, quelques photos de l’école, de la classe ou du trajet peuvent permettre de familiariser progressivement l’enfant avec ce qui l’attend. Pour un événement exceptionnel, un petit déroulé illustré peut présenter les grandes étapes sans chercher à prévoir chaque détail.

Un support visuel peut aussi éviter de devoir répéter plusieurs fois les mêmes informations. Expliquer oralement ce qui va se passer peut parfois sembler plus simple que de créer un support visuel. Pourtant, comme on dit, les écrits restent, les mots s’envolent. Les informations données oralement peuvent être oubliées et nécessiter de nouvelles explications. L’enfant peut avoir besoin de reposer les mêmes questions pour se rassurer ou vérifier le déroulement des événements. Pouvoir retrouver l’information sur un support visuel peut alors économiser de l’énergie, aussi bien pour l’enfant que pour les parents.

La cohérence entre les différents adultes peut également faciliter l’utilisation de ces supports. Lorsque les mêmes repères sont repris à la maison et dans les autres environnements de l’enfant, le support devient progressivement un outil qu’il peut s’approprier, plutôt qu’une information que l’adulte doit constamment lui rappeler.

Cela ne signifie toutefois pas qu’un même support fonctionnera partout et dans toutes les situations. Un repère qui fonctionne dans un environnement peut devenir moins pertinent lorsque le contexte change. Il peut alors être nécessaire de l’adapter, de le simplifier ou d’en essayer un autre.

Avec le temps, certains enfants peuvent aussi apprendre à utiliser eux-mêmes ces repères pour savoir ce qui vient ensuite, demander une information ou signaler qu’ils ont besoin d’un changement.

La création de rituels de passage sécurisants

Les transitions ne concernent pas seulement les grands changements comme une rentrée ou un départ en vacances. Elles se produisent plusieurs fois par jour : arrêter un jeu, quitter la maison, passer à table, commencer les devoirs ou se préparer à dormir.

enfant autiste et ses parents

Un petit rituel peut aider à donner une structure à ces moments. Il peut s’agir d’une chanson, d’une phrase toujours répétée, d’un geste, d’un objet à ranger ou simplement d’une succession d’actions familières.

L’intérêt du rituel n’est pas qu’il doive être reproduit parfaitement chaque fois. Il sert plutôt de repère entre deux moments de la journée.

Par exemple, avant de partir pour l’école, quelques étapes répétées dans le même ordre peuvent aider l’enfant à savoir que le départ approche : terminer l’activité en cours, ranger, mettre les chaussures, prendre le sac puis partir.

Une transition peut également être plus facile lorsque l’enfant sait ce qui vient ensuite et qu’il sait qu’il pourra retrouver plus tard ce qu’il est en train de faire. Dire « on arrête maintenant, et tu pourras reprendre ton jeu après le repas » donne à l’enfant un repère supplémentaire : il ne s’agit pas nécessairement de renoncer à l’activité, mais de la mettre momentanément en pause.

Ces repères peuvent également être utiles à l’adulte. Lorsque les étapes sont connues à l’avance, il est parfois plus facile de limiter les consignes qui s’accumulent et la précipitation de dernière minute.

Mais un rituel ne doit pas devenir une nouvelle source de tension. S’il n’est pas possible de le respecter un jour, cela ne signifie pas que tout est à recommencer. L’objectif reste d’apporter un repère, pas de créer une obligation supplémentaire pour l’enfant ou pour le parent.

Préparer le changement sans chercher à tout contrôler

Anticiper peut être rassurant, mais tout prévoir est impossible. Un trajet peut être modifié, une activité annulée, une personne peut arriver plus tôt que prévu ou l’enfant peut réagir différemment de ce que l’on imaginait.

Préparer un changement consiste donc aussi à laisser une place à l’imprévu.

On peut expliquer à l’enfant ce qui est connu, identifier ce qui risque de changer et prévoir, lorsque c’est possible, une solution de repli. Mais il n’est pas nécessaire de construire un scénario pour chaque éventualité.

Cette approche peut également permettre de travailler progressivement la flexibilité. L’enfant apprend alors non seulement à se préparer à un changement, mais aussi à découvrir qu’un changement qui n’était pas prévu peut être accompagné et géré.

L’anticipation devient ainsi un équilibre entre prévisibilité et souplesse. On donne suffisamment d’informations pour rendre la situation plus compréhensible, sans chercher à supprimer toute incertitude.

C’est aussi là que certaines pratiques corporelles peuvent trouver leur place. Apprendre progressivement à revenir au calme, à prendre du recul et à identifier ses propres ressources peut aider l’enfant à faire face aux moments où les choses ne se déroulent pas comme prévu. Nous verrons plus loin comment le yoga peut devenir, lui aussi, une ressource pour accompagner ces changements.

Retrouver de la disponibilité quand le rythme change

Anticiper les changements peut faciliter les transitions, mais cela ne signifie pas qu’elles seront toujours faciles. Certaines périodes demanderont davantage d’énergie à l’enfant comme au parent.

Dans ces moments, il peut être utile de s’intéresser aussi aux ressources disponibles pour chacun. Accompagner son enfant ne signifie pas être constamment disponible, calme et parfaitement organisé. Cela suppose aussi de reconnaître ses propres limites et de trouver des façons de préserver son énergie.

Accueillir ses propres limites sans culpabiliser

Lorsque les changements de rythme s’accumulent, la fatigue du parent compte elle aussi. Organiser les journées, anticiper les difficultés, répondre aux besoins de son enfant et gérer les imprévus demande de l’énergie.

Il peut alors être tentant de se demander si l’on aurait pu mieux anticiper, réagir autrement ou éviter telle ou telle difficulté. Pourtant, toutes les situations ne peuvent pas être prévues et toutes les journées ne peuvent pas se dérouler comme prévu.

Reconnaître sa fatigue ne signifie pas être moins disponible pour son enfant. Cela peut au contraire permettre de mieux identifier les moments où l’on a besoin de ralentir, de demander de l’aide ou de simplifier certaines choses.

Prendre du temps pour soi et savoir se remettre au centre lorsque cela devient nécessaire n’est pas égoïste : c’est un acte bienveillant envers soi-même, et parfois indispensable. Se ressourcer pour préserver son énergie et rester disponible pour toute la famille ne devrait, selon moi, jamais être source de culpabilité, comme je l’entends pourtant souvent de la part de parents.

C’est aussi un exemple que l’on peut montrer à son enfant : le parent n’est pas toujours celui qui trouve toutes les solutions. Lui aussi peut avoir besoin de faire une pause, de demander de l’aide ou de revenir à ses propres ressources.

Il peut être utile de se demander : qu’est-ce qui est vraiment nécessaire aujourd’hui ? Qu’est-ce qui peut attendre ? Quelles sollicitations peuvent être réduites temporairement ?

Cette réflexion est particulièrement importante dans les périodes où l’enfant a lui-même besoin de davantage de soutien. Prendre soin de ses propres ressources fait aussi partie de l’équilibre familial.

Dans ma famille, j’accorde également une place importante au fait d’aider progressivement mes enfants à identifier leurs propres besoins, leurs émotions et les signes qui leur indiquent qu’ils ont besoin d’une pause ou d’un ajustement. L’objectif n’est pas seulement de les accompagner lorsqu’ils rencontrent une difficulté, mais aussi de leur donner des repères qu’ils pourront progressivement s’approprier.

À terme, cette connaissance de soi peut devenir un véritable soutien vers l’autonomie.

Rester un repère sécurisant pour son enfant

Lorsque l’enfant traverse une période de changement, le parent constitue lui aussi un repère. Cela ne signifie pas qu’il doit rester calme en toutes circonstances ou ne jamais montrer sa propre fatigue.

Un parent peut être fatigué, hésiter, devoir faire une pause ou reconnaître qu’une situation est difficile. Ce qui compte surtout, c’est de pouvoir maintenir autant que possible une présence prévisible et rassurante. Dire que l’on a besoin d’un moment pour soi ou que l’on ne sait pas encore comment résoudre une situation ne retire pas au parent son rôle de repère.

Au contraire, montrer à son enfant que l’on peut reconnaître ses propres limites et chercher ce dont on a besoin peut aussi lui transmettre un modèle. Il découvre progressivement que prendre soin de soi, demander de l’aide ou faire une pause font partie des façons de traverser une difficulté.

Avec le temps, cette expérience peut contribuer à développer ses propres stratégies. Le parent accompagne d’abord, puis l’enfant peut progressivement apprendre à reconnaître ce dont il a besoin, à demander une pause, à utiliser un support visuel ou à identifier une situation qui risque de devenir trop exigeante.

L’objectif n’est donc pas que le parent régule tout à la place de l’enfant, mais qu’il l’accompagne progressivement vers une meilleure connaissance de lui-même.

Le yoga pour aider le corps à traverser les changements de rythme

Les changements de rythme ne sollicitent pas uniquement l’attention ou les émotions. Ils peuvent également se traduire dans le corps : tension, agitation, besoin de bouger, difficulté à ralentir ou, au contraire, sensation de fatigue importante.

une fille autiste TDAH

Dans ce contexte, certaines pratiques corporelles peuvent constituer un support complémentaire pour revenir aux sensations et prendre un temps de pause. Le yoga peut notamment être proposé comme une activité simple à partager en famille.

Le yoga comme une ressource accessible pour toute la famille

Le yoga n’a pas besoin de devenir une activité supplémentaire à organiser dans un emploi du temps déjà chargé. Quelques minutes peuvent suffire pour proposer un moment de mouvement, d’étirement et de retour aux sensations corporelles. Le manque de temps est d’ailleurs une réalité que de nombreux parents connaissent ; c’est pourquoi j’ai consacré une partie de mon blog à des pratiques de yoga pensées pour ces moments où l’on dispose de peu de temps.

Certaines postures peuvent être choisies en fonction du moment de la journée et de ce que l’enfant apprécie. Une posture d’équilibre peut par exemple inviter à se concentrer sur les sensations du corps, tandis que des mouvements plus doux peuvent accompagner un retour au calme.

L’essentiel n’est pas de réaliser parfaitement les postures. Le yoga peut être proposé comme une exploration du mouvement, adaptée à l’âge, aux capacités et aux préférences de chacun.

Pratiquer ensemble peut également créer un moment partagé, sans objectif de performance. L’enfant peut observer l’adulte, reproduire certains mouvements, en choisir d’autres ou simplement participer à sa manière. Ce sont d’ailleurs ces moments que j’affectionne particulièrement avec mes enfants.

Avec la répétition, certaines postures ou séquences peuvent devenir des repères familiers que l’enfant pourra retrouver dans différents moments de la journée.

Moment de la journée Besoin possible Proposition
Avant de partir Apaiser les émotions et retrouver la joie Respiration de la joie
Après l’école Décharger les tensions Postures en mouvement
Avant une activité calme Se recentrer Souffler lentement dans des bulles de savon
Avant le coucher Ralentir Postures douces et relaxantes

Le Yoga Balles : un outil concret pour les familles fatiguées

Le Yoga Balles peut également être utilisé comme une approche corporelle simple pour revenir à soi, prendre conscience de ses sensations et libérer ses tensions.

À l’aide d’une balle adaptée, certains automassages permettent de détendre différentes zones du corps sans nécessiter une pratique longue ni beaucoup d’effort. Cette approche peut offrir un véritable temps de pause ressourçant, aider à se détendre et favoriser le lâcher-prise.

Elle peut être particulièrement intéressante dans les périodes où la fatigue rend difficile la mise en place d’une activité plus longue. Quelques minutes consacrées au corps peuvent constituer un moment de transition entre deux temps de la journée.

ballon mama

Là encore, il n’est pas nécessaire de rechercher un résultat immédiat. Son intérêt réside aussi dans la possibilité d’expérimenter, d’observer ce qui fait du bien et d’apprendre progressivement à reconnaître ses propres sensations.

Pour les enfants comme pour les adultes, identifier ce qui apaise, ce qui détend ou au contraire ce qui devient inconfortable participe à une meilleure connaissance de son corps.

Notre livre de yoga pour réguler la sensorialité au quotidien

Ce qui peut être précieux pour les personnes avec autisme ou TDAH peut aussi être bénéfique à tous. Lorsque nous avons co-écrit le livre Yoga, autisme et TDAH, Maryse Lehoux et moi avons souhaité rassembler des pratiques de yoga adaptées aux besoins sensoriels des personnes avec autisme et TDAH, tout en les rendant accessibles et faciles à intégrer dans la vie quotidienne de toutes les familles.

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L’objectif de ce livre, riche en ressources, n’est pas de proposer une activité supplémentaire que les parents devraient absolument ajouter à leur emploi du temps. Il s’agit plutôt de mettre à disposition des outils corporels que chacun peut utiliser selon ses besoins et le moment de la journée. Ces pratiques peuvent aussi trouver naturellement leur place dans des moments déjà ritualisés, sans nécessiter de créer une nouvelle routine. Après la routine du matin, par exemple, une simple respiration de la joie avant de sortir de la maison peut devenir un petit repère corporel avant le départ pour l’école.

Certaines pratiques peuvent accompagner un moment de transition, d’autres un besoin de mouvement ou de retour au calme. L’enfant peut progressivement découvrir les exercices qu’il préfère et apprendre à identifier ceux qui correspondent le mieux à ses sensations.

C’est aussi dans cette perspective que le yoga peut trouver sa place dans un accompagnement vers l’autonomie : donner à l’enfant des expériences corporelles qu’il pourra progressivement reconnaître, choisir et utiliser lui-même.

une enfant qui dort paisiblement

Dans un prochain article, je vous proposerai des routines bien-être simples à intégrer dans la vie de tous les jours, qui pourront notamment accompagner les moments de transition sans ajouter une contrainte supplémentaire à la journée.

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Jenny Leclerc

Votre professeure de yoga à Évreux et ses environs.

Jenny Leclerc est professeure de hatha yoga et maman de deux enfants à besoins particuliers. Le yoga l’a d’abord aidée à gérer son propre stress avant de devenir une véritable vocation.

Après 16 ans dans le milieu pharmaceutique, elle accompagne aujourd’hui ses élèves vers un bien-être global, sur le tapis comme dans la vie. Ses spécialités incluent la gestion du stress, la découverte de Soi, l’autisme et l’hyperactivité.

Sa devise : « Devenez qui vous êtes déjà ! »

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